9spamm.jpg (58634 octets)

PRINCIPE GENERAL D'INDEMNISATION

 KEEP IT BLUE

  Erika

Amis de la Terre

  Sommaire

Cour européenne des Droits de l'Homme

Fipol, version U.S.A

Fonds du Fipol

Fonds du propriétaire

Lettre aux Etats

Principe général

Réunion du 3 février 2003

Selon les Conventions, en cas de marée noire, il y a un seul responsable : le propriétaire du navire.

Il est autorisé à limiter sa responsabilité en constituant un fonds dont le montant est fonction de la taille du bateau.

Si ce fonds est insuffisant, le Fipol intervient en le complétant jusqu'à hauteur de 135 millions de DTS.

Si le coût de la marée noire dépasse ce plafond, les victimes se partagent l'argent disponible au prorata.

~~~~~~

Pour l'Erika, FF 84 247 733, € 12 843 484.

En contrepartie du versement de cette somme, il est interdit aux victimes :

==> d'attaquer le propriétaire et l'affréteur en justice
[article 3.4.c convention CLC]

==> de demander d'indemnisation dans un autre pays que la France
[article 9.1 CLC]

En clair, une victime ne peut attaquer personne, nulle part.

En échange de cet abandon de poursuites les victimes "bénéficient" de 2  fonds d'indemnisation :
le Fonds de limitation de responsabilité du propriétaire et le Fonds du FIPOL.

Les compagnies pétrolières sachant très bien que l'assurance du propriétaire ne peut couvrir les dommages d'une marée noire, ont mis en place un Fonds d'indemnisation qu'elles alimentent en payant une contribution à la tonne de pétrole importée.

Arbitraire

Le FIPOL :

  • fixe lui-même le montant total des indemnités qu'il versera,

    Il ne règle pas le coût réel des préjudices mais y consacre une somme forfaitaire maximale,
    environ 1 milliard 300 millions de francs, € 200 millions.

  • détermine lui-même quels types de préjudices donnent droit à remboursement
  • évalue lui-même le montant des préjudices

    avec ses propres experts, non agréés près des tribunaux. Le FIPOL travaille essentiellement avec les experts de l' ITOPF (Fédération des propriétaires de pétroliers).

  • s'est octroyé le droit de ne pas respecter les décisions de justice.

    Au cas où le montant des préjudices approuvés par lui ou établis par un tribunal dépasse le montant du fonds [ce qui est le cas pour l'ERIKA] l'argent disponible sera réparti proportionnellement entre les victimes.
    [article 4.5 convention FIPOL].

    Si vous n'êtes pas d'accord avec les estimations du FIPOL, vous pouvez aller devant un tribunal. Lorsque vous obtiendrez un jugement après quelques années de procédure, vous ne pourrez le faire exécuter que partiellement. Vous toucherez un pourcentage, déterminé par le FIPOL bien entendu, de ce que vous aura accordé le tribunal. Si l'on se réfère à ses dernières déclarations, le FIPOL remboursera 80% de l'ensemble des préjudices, donc 80% des montants établis par un tribunal.

     

On nage en plein pétrole et en plein arbitraire.

Le milliard 300 millions que le FIPOL attribue aux victimes est très largement inférieur au coût réel des préjudices.
Le coût minimum, que même le FIPOL ne conteste pas, de la marée noire de l'Erika est évalué à 4 milliards de francs, 610 millions €.

La Commission européenne a préconisé la mise en place d'un 3ème niveau d'indemnisation, le fonds COPE, doté d'un milliard d'euros.

Les U.S.A, qui ne font pas partie du FIPOL, ont mis en place un système où 1.5 milliard de dollars peuvent être versés pour une marée noire.

EXXON a payé beaucoup plus, 7.5 milliards de dollars, pour le naufrage de l'EXXON VALDEZ en Alaska en 1989.

~~~~~~~~~~~~~~

Une victime a 3 options :

1- refuser que l'interlocuteur soit le FIPOL et chercher à atteindre un des responsables du naufrage.

Les conventions, qui sont des traités internationaux et ont donc autorité sur les lois, empêchent cette démarche
(article 3.4, CLC).

2 - faire déterminer par un tribunal indépendant son préjudice.

Première conséquence, la victime ne reçoit rien du FIPOL ni de personne jusqu'à l'extinction de la procédure.
Non seulement elle ne reçoit rien, mais de plus elle doit payer des honoraires d'avocat et d'expert.

Après épuisement de la procédure, l'évaluation déterminée par le tribunal sera partiellement payée en vertu de l'article 4.5 de la convention FIPOL.

A ce jour, le FIPOL a déclaré accepter de rembourser 80% du montant des préjudices.

3 - faire une demande à l'amiable au FIPOL.

Il y a une discussion sur le montant des préjudices.

En cas d'accord, on reçoit 80% du montant admis par le FIPOL, ce qui équivaut à à peine 50% de le demande de la victime.

En cas de désaccord, on revient à la solution 2.

~~~~~~~~~~~~~~~~

Un autre problème très important se pose : Faire admettre son préjudice.

Le FIPOL ne prend en compte que les préjudices qu'il juge admissibles.

Les critères d'admissibilité ne figurent pas dans les Conventions mais ont été déterminés
en assemblée générale par le FIPOL. Il s'agit d'une interprétation des Conventions.

Seule possibilité, aller devant un tribunal.

Le FIPOL fait toujours valoir qu'il n'est pas responsable du naufrage mais indemnise les personnes suivant
ses propres critères. Et comme la Convention a autorité sur les lois...

On ne connaît pas d'exemple à travers le monde, où le FIPOL aurait réglé un préjudice qu'il n'avait pas admis.
Aucun tribunal n'y est parvenu.

Une personne doit pouvoir demander réparation pour le préjudice qu'elle estime avoir subi
et non pas simplement pour le type de préjudice admis par le FIPOL.

haut de page

~~~~~~

A l'assemblée générale du Fipol d'octobre 2000, il fut décidé d'augmenter le plafond du fonds dans les limites maximales prévues par la convention.

De 135 millions de DTS, on est passé à 203 millions, soit une augmentation de 50.3%.

La convention Fipol prévoyant un délai de 3 ans pour l'entrée en vigueur, c'est donc depuis le 1er novembre dernier que ces 203 millions de DTS sont disponibles.

Cette augmentation ne profitera pas aux victimes de l'Erika et du Prestige.

Pas de rétroactivité au Fipol.

haut de page / sommaire